Réactiver des (vieux) souvenirs avec une prothèse à neurones

Des volontaires se sont soumis à une expérience importante pour la science au Centre médical de l’Université Wake Forest Baptist dans l’État de Caroline du Nord aux États-Unis. 17 cobayes ont pu réactiver un souvenir grâce à des électrodes implantés qui reproduisent l’activité des neurones liés à ce souvenir particulier. La découverte de cette prothèse cérébrale est surtout destinée aux patients atteints de pathologies neurodégénératives comme l’Alzheimer.

Le panel de volontaires recrutés pour cette première scientifique étaient épileptiques, des microélectrodes avait déjà été greffées dans leur cerveau pour des raisons médicales. Ces électrodes touchent principalement les neurones de l’hippocampe situés à l’arrière du cerveau, jouant un rôle central dans la mémoire et la navigation spatiale.

La vraie prouesse des chercheurs reste dans la programmation des électrodes pour délivrer des stimuli électriques seulement à quelques neurones choisis. La technologie de transmission des signaux est inspirée de la structure des réseaux numériques d’après Science et Vie, elle s’appelle MIMO.

Une phase de mémorisation a eu lieu avant la phase de stimulation afin d’évaluer les performances naturelles de la mémoire des personnes. Les scientifiques ont ainsi enregistré et analysé l’activité neuronale de l’hippocampe avec des tests de mémorisation d’images et de couleurs. Ces tests permettent de trouver la « signature » qui accompagne la cristallisation d’un souvenir précis, la « signature » marquant notre identité puisque chacun en possède une.

La phase de stimulation a pu commencer : les chercheurs ont montré à des volontaires une série d’images déjà vues auparavant, ils ont ensuite reproduit l’expérience en laissant quelques minutes entre la vue des images et la demande de reconnaissance. Les résultats parus dans la publication sont très positifs : ils ont noté une amélioration de la mémoire de 37%. Encouragés par cette découverte, les scientifiques souhaitent étendre ce nouveau champ de recherche à d’autres volontaires.

L’interface homme-machine est riche en fantasmes : l’étude, extrêmement louable pour les victimes de l’Alzheimer, illustre la volonté de combattre une déficience. Mais déjà certains magazines parlent d’une innovation qui pourra servir à améliorer les capacités de mémorisation des êtres humains et qui sera utilisée dans le domaine de l’éducation ou de la formation. Attention toutefois à ne pas confondre la médecine, dont le but est d’éliminer le pire par la preuve scientifique, et le transhumanisme qui compte sur l’augmentation (quantified self) et la sélection du meilleur en ne se basant que sur des promesses.

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